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Un peu de psychologie : l'érotomanie...



Qu'est-ce que l'érotomanie... Parfois confondue avec une obsession du sexe ou de l'amour, l'érotomanie est une maladie psychiatrique provoquant la conviction délirante d'être aimé.


Cela se traduit par des assauts incessants d'un homme ou d'une femme, que vous subissez parce que vous avez eu le malheur de lui sourire, ou d'avoir été sympathique avec cette personne. Convaincu alors que vous est épris(e) de lui/d'elle, cette personne ne reculera devant rien pour vous approcher : coups de fils incessants, textos, visites surprises, espionnage... Bref, vous devenez victime de harcèlement. Un cauchemar, avec la peur en permanence qui vous hante, même lors des rares périodes où votre amoureux(se) transi disparaît pour une courte période. La personne à l'origine de vos tourments est atteint d'une véritable maladie, appelée érotomanie. Un "trouble délirant persistant, provoquant la conviction d'être aimé", explique le psychiatre Laurent Karila. Une "psychose paranoïaque passionnelle, qui peut rapidement transformer l'existence de ceux qui en sont victimes en enfer". L'érotomanie n’est pas juste le désir d’être aimé ou de la nymphomanie, c’est une conviction délirante liée à une mauvaise interprétation des signes de l’amour. Paroles, messages, commentaires ou autres suffisent à lancer le délire. L’érotomane se crée ensuite un film à l’aune de cette preuve erronée. Une carence affective peut favoriser le terrain de l’érotomanie.


Tout est bon pour fuir, contourner ou contrôler la réalité. L'illusion est la conséquence d'une incapacité à affronter la réalité ou à la comprendre. En effet, accepter les limites de l’existence est la chose la plus dure au monde : les déceptions et, en l’occurrence, les limites de l’amour, nous sont insupportables. Alors on crée un leurre. Le mensonge, vis à vis de soi-même ou des autres est ici un moyen de calquer la réalité sur notre volonté. C’est pathologique, mais, dans le fond, pas plus absurde que de dire de grandes phrases de type "tout le monde a du talent". C’est faux : tout le monde n’a pas du talent et tout le monde n’est pas amoureux de nous. La maladie de l'érotomanie se matérialise par une projection de son amour sur l’autre.


En psychopathologie, on dissocie trois différentes phases à partir du signe déclencheur que j'ai moi-même pu constater dans un schéma récurrent aux travers de divers sms et comportements il y a encore de cela moins d'une semaine... Je vous la décortique, vous avez la première phase qui est une phase d'espoir : l’érotomane y croit. Il/elle va démultiplier les harcèlements : présence insistante, lettres, appels, SMS très fréquents, etc. Ensuite vient la seconde phase : la personne comprend qu’elle est rejetée soit parce que vous le lui dites directement, soit parce que vous ne répondez pas à sa demande. S’ensuit une « dé-pression », un sentiment de tristesse, de la souffrance ... Puis la troisième phase qui fait place à la rancœur et à la colère : c’est là qu’il faut être le plus attentif, car pendant cette période l’amoureux imaginaire peut causer du tort à l’autre, souvent de façon déguisée et larvée, par le biais de messages blessants et délirants par exemple. Cependant, parfois, certains vont jusqu’au meurtre. Mais tous ne deviennent pas dangereux. Le caractère du sujet détermine la puissance du délire et ses conséquences. La passion s’enclenche sur un claquement de doigts et à partir de ce moment-là, la personne érotomane s’enferre dans son délire : commence à stalker (traquer) l’autre, à être potentiellement jalouse, etc.


Pour l'érotomane, le non va être interprété comme un amour détourné. L’amoureux imaginaire trouve une explication qui va dans le sens de son délire passionnel : « C’est fait exprès pour me faire mariner. », "Tu vis dans le déni", "Tu es misandre", "Tes démons t'empêchent de m'aimer, parle moi je vais t'en délivrer", etc. Un non franc et efficace est rarement suffisant pour écarter un(e) érotomane, malheureusement ça aussi c'est du vécu. Dans le cas d’une érotomanie, il y a une structure pathologique préexistante et il faudra un important travail avec un spécialiste pour corriger les perceptions erronées de l’érotomane. En outre, ce type de personnalité n’est pas très enclin aux consultations et pour cause : les érotomanes ne perçoivent pas leur problème. De plus, ils sont souvent mythomanes de fait.




Que faire face à un érotomane ? Le premier conseil est d’en parler. La victime s’isole car elle ne comprend pas. Il faut pourtant pouvoir en parler aux autres : proches et spécialistes. Divulguer le moins de choses possibles, ce qui n'est pas mon cas car je me sers de mon blog pour me libérer et transformer tout cela en une réflexion positive, ça marche parfaitement pour moi, mon blog est une sorte de journal intime que je livre avec ses qualités et ses défauts ! Mais, j'ai pu constater qu'en divulguant, la personne érotomane en profite alors pour mettre à mal l’autre, pour avoir de l’emprise sur lui/elle, car l'érotomane observe, espionne et interprète énormément. Aujourd'hui, cela ne m'atteint plus car j'ai compris qu'il ne servait à rien de donner du crédit aux dires de cette personne puisqu'elle est mentalement malade.


Si cela tourne au harcèlement, comme pour moi. Si comme moi vous vous sentez en danger par les interventions incessantes dans votre vie par cette personne, bien que le refus ait été expressément articulé, au moindre danger potentiel, il faut déposer une plainte. Si besoin, il convient d’avoir recours à la justice. Cela permet de réaliser et de montrer que ça déborde. C'est le seul recours qu'il me reste étant donné que jusqu'à présent je me suis contentée de mains courantes... Malheureusement, il est très difficile d'aider un érotomane, ils peuvent potentiellement avoir recours à la thérapie voir à la médicalisation, mais ils sont plutôt résistants. Les victimes servent juste de support au délire de l'érotomane. Dans tous les cas, il faut rester vigilant car bien que romantique sur le papier, ce trouble peut se révéler très compliqué à gérer dans la réalité. Je le sais parfaitement, je lance un dernier avertissement ici, s'il venait la mauvaise idée à mon harceleur de venir me harceler jusque sur mon exposition à Arles ou ailleurs, je me verrais dans l'obligation de contacter les autorités compétentes et de transformer mes mains courantes en une plainte. Ce n'est pas une menace, c'est une promesse parce que venir sonner chez moi le jour de mon anniversaire après des semaines de refus, puis des mois de silence, c'est vraiment ne laisser que la solution de l'intervention policière, peut-être même de l'internement pour son propre bien.


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