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Redécouvrir certains photographes fondamentaux...



J'entends déjà les critiques ici et là, surtout à l'heure actuelle... Oui, il s'agit bien du photographe et réalisateur anglais David Hamilton, pédophile aussi probablement et malheureusement. Mais, je ne suis pas là pour juger l'homme mais l'oeuvre. Je suis allée en mai me promener au bord du Canal du Midi, lorsque je suis tombée sur une boutique de livres digne d'un film d'Harry Potter : Le Trouve Tout du Livre ! J'ai alors pris le temps de déambuler dans les rayons... Ni une, ni deux, je vous le donne en 1000, sur quel rayon me suis-je jetée ? Mais alors par pure curiosité... Le rayon photographie comme de par hasard. Ba oui !


Devant tous ces trésors, un livre est venu s'offrir entre mes mains, "The best of David Hamilton", curieuse, je l'ai ouvert, et j'ai commencé à le feuilleter. Je suis tombée en pâmoison devant la beauté des clichés, une telle douceur dans les images, beaucoup d'émotions... Je l'ai acheté ! Et figurez-vous que j'ai eu une chance énorme parce qu'à noël, une personne chère à mon coeur m'a offert deux autres livres de lui... Je voulais vous en parler...




Bien sûr, que l'homme était probablement le pire des C... Avec l'évidence, malgré la beauté de ses photos, qu'elles sont parfois malaisantes. Alors est-ce que les images le sont vraiment ou est-ce que le fait de savoir que David Hamilton, qui a été retrouvé mort dans son appartement parisien un 25 novembre au soir, porte entrouverte, avec un sac plastique sur la tête, après avoir été accusé de viol et d'agressions sexuelles sur mineures par plusieurs de ses anciennes modèles, aide à trouver ses images malaisantes ? Certaines le sont quand même par la nudité, ou les positions plus que suggestives que nous n'autoriserions heureusement plus aujourd'hui. La société et son regard a changé, c'était une autre époque...


Parlons explicitement : Hamilton ne prenait que des jeunes filles dénudées en photos baignées dans un flou artistique d'où se dégage innocence et douceur. Ce qui donne l'impression malsaine que ces jeunes filles ont été manipulées, modelées, positionnées selon les envies et/pour les fantasmes de l'auteur puisqu'alors tout lui était permis. Mais... Il n'en reste pas moins que j'aime la douceur qui ressort de certaines de ses images, c'est comme une redécouverte de la couleur pour moi... Encore une fois je me dois de préciser que si je n'approuve pas l'homme cela ne m'empêche pas d'admirer une partie de son travail.




Il fait des études d'architecture puis commence à travailler pour le magazine Elle à 20 ans en tant que directeur artistique pour ensuite travailler pour les grands magasins du Printemps. Tout son univers tourne donc autour de la femme. Il se lance dans la photographie en 1966. Cinq ans plus tard paraîtra son premier livre et grand succès "Rêves de jeunes filles", les photos sont accompagnées de textes (comme quoi vous voyez ce n'est pas négligeable...), écrit par Alain Robbe-Grillet. David Hamilton a alors 38 ans, tandis que les jeunes filles quant à elles ont de 13 à 15 ans... Des modèles, blondes aux yeux bleus de préférence, aux confins de l'enfance et à l'aube de l'adolescence. C'est là, que parfois les images deviennent dérangeantes.


Elles sont donc blondes, longilignes, avec une peau très claire et la poitrine toujours pointant vers le soleil. Il préfère les nordiques. Ses photos se font à la campagne, à la plage ou dans des sièges en rotin. N'hésitant pas à recruter certaines de ses modèles à la plage, notamment au Cap d'Agde comme cela a été fait pour Flavie Flamant qui l'a justement accusé de viol des années plus tard. Parfois, il les fait poser totalement nues dans des poses lascives ou avec la poitrine seulement apparente, ce qui est une forme de sexualisation de l'enfant qui enlève tout caractère innocent au projet, enfin selon moi. D'un point de vue technique puisque c'est cela qui m'intéresse chez Hamilton plus que ses modèles, on constate un flou artistique, des lumières tamisées, des tons pastels, des contours effacés. On peut voir dans chacune de ses images un halo de pâleur d'inspiration impressionniste. c'était la patte d'Hamilton. Une patte qui, en dépit de cette nudité d'enfants va faire son succès dans les années 70 à 80. On ne peut s'empêcher de comparer certaines de ses photos aux "Danseuses" de Degas même s'il se réclame de Balthus, un autre peintre mais figuratif. Il dit avoir traité sa "quête de l'innocence et de la beauté des jeunes filles..." comme Nabokov Vladimir (vous savez cet homme en 1955 qui a défrayé la chronique parce qu'il avait eu une histoire avec une enfant de 12 ans... Histoire reprise dans Lolita).




Si aujourd'hui la démarche vous écoeure, et bien sachez que son succès a pourtant été populaire. Dans les années 80, on trouvait pléiade de déclinaisons de produits : puzzles, cartes postales, calendriers, posters accrochés dans les chambres d'adolescentes... L'art photographique s'est démocratisé en même temps que la libération sexuelle et victime de son succès on est passés outre les abus... Malheureusement pour toutes ces jeunes filles. C'est heureusement une autre époque. Car peu à peu, dans les années 90, sont succès s'estompe, les regards changent, on décroche les posters et on jette les calendriers. Ses clichés deviennent passés de mode et lui est bientôt accusé de viol.


Encore une fois, je ne suis pas fan du tout de l'homme et je reconnais que certaines de ses images provoquent en moi un malaise profond devant la nudité et les positions lascives pour ne pas dire explicites de certaines de ses modèles. Si ces jeunes filles avaient été des femmes peut-être en aurais-je apprécié davantage le talent du monsieur, ou peut-être pas d'ailleurs... Probablement serais-je passé à côté de cette douceur donnée à l'innocence. Il est étrange et déroutant d'être dérangé par le regard d'un auteur tout en y trouvant une certaine admiration... Alors je m'attarde sur certaines images quand j'en passe d'autres très vite. Une chose est sûre, une image de David Hamilton ne laisse personne indifférent et encore moins indemne...




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