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Projet : Vertiges d'une folie humaine.

Dernière mise à jour : 10 juil. 2023


Vertige.


S'il est besoin des nombres que représentent la Seconde Guerre mondiale à tous les niveaux pour vous donner le vertige de cette folie humaine, je suis là pour vous les ramener à la mémoire. Le Mur de l'Atlantique, c'est 4 400 kilomètres de côtes mises en défense du Cap Nord à Hendaye. Ce qui représentait 15 000 bunkers à construire initialement, dans les faits seuls 8 000 furent réalisés.


De nos jours, nos côtes sont un peu défigurées par ces vestiges en ruines qui jonchent ça et là. On les trouve tagués pour la plupart, échoués des falaises, on grimpe dessus, les enfants jouent autour, certains pissent dessus ou dedans, d'autres voient ça comme des fanatiques d'un ancien temps (ça fait peur !)... Voilà la gloire du IIIème Reich, exposée là, comme pour rappeler à tout un chacun les drames qui se sont joués jadis... Pourtant au départ, la création du Mur était la plus formidable création du génie militaire depuis la Muraille de chine ! Quand Hitler échoua lamentablement son offensive éclair contre l'URSS, la décision de ce Mur fut prise. Le Mur, c'était de la Hollande aux Pyrénées, 8 000 casemates, une batterie d'artillerie tous les 2 kilomètres, une ligne ininterrompue de chevaux de frises sur chaque plage, des radars, des postes de commandement tous les 20 kilomètres, des bases pour sous-marins U-Boot à Brest, Lorient, Saint Nazaire, La Pallice, Le Havre... Cela représentait 700 modèles différents de blockhaus conçus pour ne laisser aucun angle mort. Le Mur de l'Atlantique avait pour mission de défendre le flanc Ouest de l'Empire nazi contre les assauts anglos-saxons.


Si on regarde de plus près, il ne s'est pas construit tout seul ce Mur, alors ? Alors ce ne sont pas moins de 1 500 entreprises françaises du BTP qui furent engagées dans le projet pour construire les blockhaus du front de mer. L'Allemagne s'est retrouvée être le plus gros employeur de ces années noires, on comptabilise même jusqu'à 30 000 ouvriers français sur les chantiers du Mur. Gageons que cela a englouti pas moins de 80% du ciment français pour la construction du versant français du Mur de l'Atlantique. Petite cerise sur le gâteau, le Reich fit payer à la France l'entièreté des travaux de construction au titre de frais d'occupation. Cela représente de 1940 à 1944, 632 milliards de francs... Ce qui représente le double du budget annuel de la nation d'avant guerre. Honte de rien, la propagande allemande de l'époque affirmait que les travailleurs étaient "redevenus des hommes" grâce à la construction du Mur de l'Atlantique. Je ne vais pas parler ici des emplois forcés qui mobilisaient à côté des travailleurs "volontaires", des républicains espagnols, des prisonniers politiques ainsi que des juifs jusqu'à l'épuisement, c'est-à-dire jusqu'à la mort.


Le Mur fait pour durer 1000 ans comme le IIIème Reich, ne fut jamais achevé. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquaient et au bout de quatre interminables heures, le Mur fut "percé". Après avoir essuyé le terrible feu de ses canons, les Alliés devinrent maître du Mur et le neutralisèrent en le contournant par l'arrière. A la libération, la Commission d'épuration traita 1 538 affaires de collaboration économique. 457 concernaient le BTP. Seules 100 condamnations furent prononcées.


On effaça bien vite la réalité du Mur de l'Atlantique de la mémoire nationale pour laisser place à un mythe plus "arrangeant" pour nous, celui d'une armée de guerriers blonds venue bétonner, seule, les côtes d'une France résistante... Vertiges, d'une folie humaine...



Le projet de la série "Vertiges, d'une folie humaine", est une série ouverte. J'entends par là que c'est une série qui évoluera en fonction de mes voyages et des photos que je ramènerai... C'est une série qui est là pour montrer que l'Homme a été capable du pire. Son but est un devoir de mémoire. Je crois que l'Histoire ne doit pas s'oublier pour deux raisons. La première pour la transmission, la seconde pour ne pas refaire les erreurs du passé.



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  • stephvocoretpoulain
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