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Le sexisme, un faux débat ?



La misandrie, qu'est-ce donc que ce mot là ? Non, ce n'est pas un gros mot... En grec ancien "misein" signifie haïr, tandis que "andros" veut dire homme. D'après les dictionnaires contemporains, il serait un sentiment d'aversion, d'hostilité, de mépris ou carrément de haine envers les hommes mais attention, au sens d'individus de sexe masculin. Son seul dérivé est misandre, adjectif qui désigne les personnes qui sont animées par ce sentiment.


Nous avons à faire à un mot paradoxal censé désigner l'une des deux formes du sexisme, voir même l'une des deux idéologies dominantes de notre époque. Il est le terme symétrique de la misogynie. Etudier la misandrie, c'est étudier le sexisme, car c'est une réalité actuelle, la misandrie existe belle et bien. Pourtant, il est courant de noter que la plupart des gens mélangent les choses... Certains parleront "d'attitude de discrimination" ou "d'attitude discriminatoire". C'est une erreur de vocabulaire. "Attitude" renvoie à un comportement, quand "discriminatoire" renvoie à l'organisation sociale.


Il est à préciser que le sexisme est la croyance en l'infériorité d'un sexe par rapport à un autre. Au plan affectif, cette croyance s'accompagne de sentiments dévalorisants, selon des nuances diverses : la condescendance, le mépris, la haine, et j'en passe.



Le sexisme, qu'il soit féminin ou masculin a trouvé ses prémices au coeur du moyen-âge, en France mais aussi dans les pays voisins. Un débat acharné n'a depuis lors jamais cessé. Un débat qui consiste essentiellement en la comparaison des valeurs respectives de l'homme et de la femme. C'est le début de la "Querelle des femmes" qui durera cinq siècles... Cinq siècles durant lesquels les mêmes arguments sont échangés, repris inlassablement. Les nouveautés dans le fond comme dans la forme sont très rares. Dans ses deux versants, l'argumentation sexiste apparaît comme une mécanique bien réglée et immuable.


Les misogynes répondent que l'homme est supérieur car Adam a été créé avant Eve. Eve a été créée à partir d'une côte d'Adam. C'est encore Eve qui s'est laissée séduire par le serpent, elle est responsable du péché originel et a entraîné Adam dans sa chute. L'être que Dieu a choisi pour l'incarner, le Christ est un homme. Tous ceux qui ont été chargés de porter et de perpétués la parole du Christ, apôtres, prêtres, dignitaires de l'Eglise, sont des hommes.


La personne misandre vous répond que c'est la femme. En retournant ces mêmes arguments à leur avantage. Ce faisant, alors que la doctrine chrétienne est souvent interprétée comme d'inspiration misogyne, ils font apparaître la possibilité de l'interpréter comme d'inspiration misandre... Tout n'est que question de point de vue comme toujours.


Ainsi, d'âpres disputes tournent autour des problèmes de la place respective d'Adam et Ève dans la Genèse, et de la place du Christ par rapport aux hommes et aux femmes qu'il a côtoyés. La question centrale est : au moment de la Création, puis de l'Incarnation, quel sexe a eu la préférence de Dieu ? Lequel a-t-il créé avec le plus de soin, et avec la perfection la plus grande ?


Voilà ce qui se cache derrière le débat du sexisme... Tout cela laisse une bien étrange impression. Tout ceci, et d'autant plus à notre époque n'est qu'irrationnalité et extravagance. Pourtant, dans la mêlée du débat, on trouve des personnes savantes, instruites, avec une renommée affirmée. Ainsi, théoriser le sexisme sous une forme ou sous une autre n'amène-t-il pas forcément à cette irrationalité, et ce, à toutes les époques ?

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