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Le devoir de beauté de la femme...

Dernière mise à jour : 17 janv.



Je dois vous dire que la magnifique femme qui pose sur cette photo est Sophie, une de mes modèles occasionnelles avec laquelle je dois bientôt organiser un nouveau shooting... C'était la petite parenthèse du jour.


Comme tout le monde le sait, l'image de la femme se confond dans la culture avec l'image de beauté. Est-il nécessaire de dire que l'accomplissement corporel passe par le devoir de beauté. Etre belle ou ne pas être, une dictature imposée par notre société occidentale. Car une femme dépourvue de beauté n'est pas totalement femme. Si bien qu'on constate, et ce depuis toujours, que la beauté devient la réponse "marchande" à l'autre, principe autour duquel s'organise le système de représentations lié à la beauté féminine.


Pour la femme, la beauté est représentée comme un devoir culturel. L'aspect contraignant de ce devoir de beauté, relation obligée de mise en service de son corps, est loin d'être supplanté encore aujourd'hui. Que dire des femmes et de ces images de femmes, réelles, pressées ou pensives qui posent leurs regards sur les représentations que la culture donne d'elles. Force est de constater qu'il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes dans notre paysage quotidien des images. Il me semble que la surabondance des images de femmes affichées par notre culture sur divers supports, moins que d'une féminisation de celles-ci, témoigne au contraire de la tradition masculine de mise en image de l'objet du désir. Notre culture encore largement, sinon masculine, au moins masculinisée, se donne toujours pour spectacle ce qu'elle a envie de contempler et en l'occurrence l'autre désirable : la femme. Conclusion, la femme représentée incarne décidément mieux que quoi que ce soit l'autre de notre culture.


Que sont ces images renvoyées par nous-mêmes via les réseaux sociaux ? Certaines servent à susciter un désir d'identification quand d'autres à l'évidence sont là pour entretenir le désir masculin, ou d'autres encore renvoient plus à des femmes plutôt qu'à la femme... Nous en revenons toujours au même principe, l'image de la femme se superpose à la beauté. La femme est donc systématiquement ramenée à son corps, corps esthétisant répondant aux canons de jeunesse et de beauté du "moment" car toutes les modes passent même celles des physiques... Nous sommes donc confrontés à des corps de femmes hypersexués répondant au désir masculin. Rien ne vous frappe ? Et bien moi si ! C'est ainsi que j'en suis venue à la conclusion que "le sexe" se répartissait entre deux appellations les plus marquées : "le beau sexe" et "le sexe faible". Car il est tout de même frappant de constater que dans la culture, dans notre culture occidentale, femme et sexe sont intimement liés pour ne pas dire synonymes. Comme si la femme était le sexe et que cet amalgame donnait lieu à deux locutions qui renvoient précisément les femmes dans ces dimensions simultanées de beauté et de faiblesse.


En éliminant les représentations psychologiques bien sûr, (conscientes et inconscientes) de soi-même, à savoir l'image que les femmes se font de leur propre corps, je choisis d'éliminer la dimension du soi pour au contraire avoir à nous concentrer sur la question de l'autre. Gardant bien évidemment à l'esprit que toute femme est forcément "l'autre" d'une autre femme, bien que conditionnées par celles-là et les images que notre monde nous propose comme une vérité du corps féminin. Bref, tout cela a forcément une incidence et une influence sur la manière dont les femmes se perçoivent elles-mêmes. Notons tout de même, qu'il est plus facile aux modèles d'influer sur les comportements qu'aux comportements d'infléchir de manière significative et durable les modèles, même si de nos jours, tout le monde est susceptible de devenir modèle, ce qui amplifie la banalisation de l'exhibition des corps.


Suis-je coupable de participer à l'imagerie culturelle de la femme... Oui ! Ai-je honte ? Non. Je l'assume totalement, dans un but d'exploration de l'imaginaire physiologique féminin. Je considère qu'à la différence des sciences sociales qui servent à comprendre le monde, je cherche quant à moi à le raconter par mes images. Mon intérêt se porte ainsi sur l'exploration des imaginaires du corps ayant conscience du caractère aliénant et normatif que je crée par le biais de mes clichés. Je m'adresse aussi bien à un oeil féminin qu'à un oeil masculin. Cassant les codes, ne prenant pas uniquement de jeunes donzelles aux corps fermes, ronds, dont certains hommes sont friands, je ne pratique pas la perfection... Je suis amoureuse des défauts de mes modèles parce que c'est justement ce qui les rend belles et uniques. J'aime les êtres uniques. La beauté parfaite imposée par la société m'emmerde, j'aime être à contre courant ! J'ai pour but de démontrer la parfaite beauté de toutes femmes car je considère vivre dans un grand jardin au milieu de millier de jolies fleurs. Quand une fleur s'abîme, pour moi la cause n'est autre que le vilain jardinier qui a négligé sa fleur ! Le temps est masculin, il ne fait pas de cadeaux. Mais lorsqu'une fleur qui de bourgeon devient flétrie par l'usure et le temps meurt, c'est pour semer une nouvelle graine de beauté. Mon devoir est de faire en sorte que mes modèles à travers mes photos se sentent bien, valorisées, mais surtout qu'elles reprennent confiance en elles. Comme si la photo pouvait servir de thérapie de l'image. Se détacher de l'oeil sexualisant que l'homme au regard de velours pose innocemment sur la femme pour s'éloigner de cette sujétion de l'individu à son propre corps. Mettre ainsi en lumière les relations de pouvoir qu'impose notre société au corps féminin ; que la femme ait conscience qu'elle est condamnée à être un corps, mais qu'elle soit maître de ce dernier, voilà pour moi où commence le féminisme.



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