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Le chemin...


La vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais elle s'avère être un chemin que nous parcourons tout au long de notre vie faite de rencontres et d'aventures en tous genres. Je ne sais pas de quel côté de la barrière vous vous placez, vous qui me lisez, mais me concernant, je fais partie de ceux qui ne veulent plus souffrir par amour. Je ne suis pourtant pas encore libérée de la douleur car je n'ai pas encore trouvé la formule pour être heureuse, mais je suis belle et bien consciente que le romantisme est politique et que d'autres modes de relations, d'autres façons d'établir des liens, de s'organiser et de s'aimer sont possibles. La vie me l'a encore prouvé il y a quelques jours...


Est-ce que refuser de souffrir par amour c'est faire une révolution amoureuse ? En tant que femme, puis-je parler d'un acte féministe ? Nous, les femmes et les hommes modernes, sommes en train de réinventer le mythe romantique pour moins souffrir et mieux profiter de l'amour. Sur le plan législatif ou politique, il est à noter de nombreux changements, oserais-je dire que la dépatriarcalisation est en marche dans de nombreux domaines ? Je parle des sciences, de l'éducation, des religions, de la médecine, de la communication, du cinéma, du théâtre, de la démocratie, du sport, de la famille, des institutions, etc, etc. Mais il reste beaucoup à faire aux niveaux sexuel, émotionnel et sentimental... Des femmes se battent pour tout cela, mais il reviendrait à chacune d'entre nous de faire le chemin seule, avec dignité, pour gagner notre autonomie sentimentale affective. Il revient à chacune d'entre nous de partir à la recherche, de façon individuelle, des outils qui lui permettraient de travailler sur la dépendance affective et sentimentale ainsi que sur la dépatriarcalisation de ses émotions.


Il serait temps de prendre conscience que l'on apprend à aimer selon les normes, les croyances, les modèles, les habitudes, les mythes, les traditions, la morale et l'esthétique de la culture à laquelle nous appartenons. Chaque culture construit des structures émotionnelles et des schémas de relations à partir d'une idéologie concrète. En Occident, notre façon d'aimer est patriarcale et capitaliste. Ce qui veut dire que les filles et les garçons reçoivent des messages opposés pour apprendre à aimer différemment, ce qui explique qu'une fois adulte il nous est impossible de nous aimer correctement !... Si, Si...



Le petit garçon apprend à défendre sa liberté et son autonomie quand les filles apprennent le dévouement et le renoncement pour se mettre en couple. Le renoncement étant considéré comme une preuve d'amour... Finalement, les filles sont préparées à réserver une place centrale à l'amour de leur vie pendant que les garçons grandissent avec l'idée que l'amour ou les sentiments sont "des trucs de filles". C'est ainsi que les filles se figurent que pour aimer il faut souffrir, vivre des moments difficiles, mais surtout, tenir bon en attendant le miracle romantique. Les garçons en revanche, ne sont disposés à aucun renoncement ou sacrifice par amour. En gros hein... On apprend aux filles à devenir de douces et jolies princesses quand on apprend aux garçons à devenir des guerriers musclés. Les filles se croient investies de la mission de donner la vie, quand la mission des garçons serait de protéger le foyer, d'apporter salaire et sécurité quitte à tuer l'ennemi ! Alors que nous, les filles on s'hypersensibilise, on dessinent des petits coeurs partout, eux, les hommes se mutilent émotionnellement pour ne pas souffrir et se préparent à gagner toutes les batailles...


Dans ces conditions il est impossible, vous en conviendrez quand vous n'en êtes pas témoin par votre propre expérience, de construire une relation fondée sur le respect mutuel, la bienveillance et l'égalité. Mais qui oserait encore me dire que la femme est le sexe faible à la lumière de "ces révélations" ? Il est juste impossible de jouir de l'amour au sein d'une structure relationnelle fondée sur la domination ou la soumission, le rapport de force n'est pas une relation saine. Les luttes de pouvoir nous privent d'une grande partie de notre temps mais surtout de notre énergie : les guerres romantiques que nous livrons nous empêchent de profiter de l'amour, de la vie... A méditer ! Bon week-end, bonne réflexion, et à la semaine prochaine.

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