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Laissez-moi vous parler de la tendance masochiste...



Le masochisme est un état névropathique caractérisé par la recherche de la souffrance qu’elle soit corporelle et/ou morale. Le masochisme est une réaction d’autodéfense paradoxale et pathologique qui vise à éviter le danger de castration en consentant à un sacrifice partiel pour sauver le reste. Il s’agit d’un « marché de dupe » dans la mesure où les souffrances et sacrifices que s’inflige le masochiste sont bien réels alors que le danger est purement fantasmatique. En fait, il s’agit d’un « bénéfice névrotique » sous-tendu par deux mécanismes fondamentaux : l’érotisation de la souffrance et l’autopunition que le surmoi utilise comme moyen destiné à neutraliser le « complexe de culpabilité », l’ensemble permettant, à ce prix, une satisfaction autrement interdite.


Le masochiste moral se différencie du masochiste pervers par deux traits : d’une part, il n’agit pas en rapport apparent avec la fonction sexuelle ; d’autre part, il ignore qu’il est masochiste, qu’il crée sa souffrance et en jouit, jouissance autrement interdite. La ressemblance entre les deux formes de masochisme réside dans la recherche, par des voies différentes, de la souffrance, moyen et non but en soi. Cette réaction fut attribuée à un besoin de souffrir, expression d’un complexe inconscient de culpabilité, celle-ci étant apaisée grâce à la souffrance névrotique à laquelle le patient renonce difficilement, voire se cramponne avec acharnement. On observe ce processus chez les patients ayant des manifestations de névrose obsessionnelle, de mélancolie ainsi que certains troubles des fonctions sexuelles. Le masochisme moral réalise quant à lui une véritable « névrose de comportement » ou « caractère masochiste ».


Ce caractère masochiste se retrouve dans des traits typiques qui en forment la toile de fond caractérielle. Subjectivement : un sentiment de peine, de souffrance plus ou moins indéfinie, de tension affective et surtout d’insatisfaction ; un besoin de se plaindre, de se montrer malheureux, incapable, écrasé par la vie, une tendance à trouver compliqués et insolubles les problèmes les plus simples de l’existence, à exagérer les moindres difficultés et à s’en faire un tourment et, parallèlement, une impossibilité à saisir les joies de la vie. Objectivement : comportement “maladroit”, inadapté, manquant de souplesse, frappant d’avantage puisqu’il s’agit d’un sujet dont l’intelligence est normale; attirant l’animosité de l’entourage, ce sujet se mettant, comme poussé par une fatalité inéluctable, toujours dans les situations les plus désagréables, ne sachant jamais éviter “la tuile”, au contraire la recherchant : “dès qu’il y a un coup à recevoir, le masochiste tend sa joue” (Freud). Bref, un comportement traduisant un besoin inconscient de se faire souffrir, de se diminuer en se présentant sous le jour le plus défavorable et d’échouer partout. Sur ce fond caractériel, différents types s’individualisent en fonction de la prédominance de telle ou telle tendance masochiste : échec total, échec après réussite, échec de la vie amoureuse parallèlement avec une réussite sociale, échec devant le succès, pessimisme systématique, délectation morose, malheur chronique, etc