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Ecopsychologie...


Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais... Si, vous l'avez forcément remarqué... Il n'y a pas un jour sans que nous sois annoncés une mauvaise nouvelle quand ce n'est pas une catastrophe : inondations, incendies, tempêtes, fonte des glaces, réchauffement climatique, destruction des sols, disparition des insectes, extinction massive de la biodiversité, notons un déclin de 68% des populations vertébrés en moins de cinquante ans, dérèglement climatique, pandémies... Quoi d'étonnant qu'après tant d'années d'apathie pour ne pas dire de déni, une prise de conscience finisse enfin par voir le jour au niveau collectif... Normal, l'homme pour la première fois se sait en danger comme il a mis lui-même en danger le reste de son écosystème...


Le terme écopsychologie peut vous paraître barbare. Mais qu'est-ce donc au-delà du fait que cela soit le titre de l'un de mes futurs projets sur lequel je suis en train de travailler ? C'est l'association de "éco" qui vient du grec "aikos" (la maison) avec "psychologie" (l'étude de la psyché). Elle concerne donc les interrelations entre la psyche humaine et le système Terre. Née de la psychologie humaniste et des mouvements environnementalistes, elle s'est donnée à coeur de revivifier le lien Homme-Nature. Considérant tout à la fois que nos problématiques personnelles sont les sources de dévastations de nos écosystèmes et que la dégradation de l'état de notre planète a des effets néfastes sur notre santé mentale. L'écopsychologie s'est fixée pour tâche de mettre en lien deux disciplines jusque-là sans corrélation : la psychologie et l'écologie. Elle affirme haut et fort le rapport entre la réalisation de soi et le respect du système Terre, entre le bien-être personnel et la santé de la planète.


Le souci vient du lien Homme-Nature qui nous conduit à nous interroger de façon radicale sur notre société. (Enfin pour ceux qui veulent bien en faire l'effort !) Cette démarche nous oblige à repenser notre manière d'être au monde et à revenir aux fondements de ce qui nous fait humains. Bien entendu, il n'existe ni d'entité Homme avec un grand H ni d'entité Nature avec un grand N, mais seulement des sujets en rapport avec le lieu de vie et ses composants. Quant au mot "nature", il vient du latin "Natura" issu du verbe "nascor" qui signifie "naître, provenir"... Il évoque ce qui est dans son état natif, qui n'a pas été modifié, ni altéré, ni transformé depuis sa naissance par un apport artificiel quelconque. La nature, c'est donc ce qui se produit par soi-même, qui jaillit de façon autonome, sans intervention extérieure mais poussé par une grande force intérieure. Tout ce que n'est plus l'homme. De plus, dans sa grande folie des grandeurs, l'humain se prend pour Dieu et croit pouvoir changer la "nature", l'apprivoiser, la faire plier, la maîtriser mais la nature reprend toujours ses droits. C'est d'ailleurs ce qu'elle fait aujourd'hui et nous le constatons un peu plus chaque jour.


C'est bien parce que certains ont une prise de conscience que le rapport de certains êtres humains au monde se transforme. Cette évolution ne peut-être favorisée que par une meilleure compréhension des interdépendances et par l'intérêt que chacun porte à sa nature intérieure. Le désir d'une rencontre plus authentique avec soi-même doit impliquer obligatoirement une meilleure attention à ses propres ressentis, jusque dans ses liens avec l'environnement autre qu'humains. Désormais, il faut impérativement refuser de ne voir dans la nature que sa fonction utilitaire. C'est une erreur qui nous coûte chère aujourd'hui mais qui coûtera encore plus chère aux générations futures. Elle doit être considérée pour sa vie plurielle qui l'anime et pour le sentiment de plénitude qu'elle est susceptible d'engendrer. Sa beauté doit être prise en compte car rien n'est plus beau que la nature elle-même. Rien n'est plus beau que là où n'intervient pas la main de l'homme. Sans la main de l'homme tout n'est qu'harmonie... Tandis que l'homme ne sait pas même vivre en harmonie avec lui-même.


En conclusion pour aujourd'hui, en participant à la réconciliation des sciences humaines et des sciences de la nature, l'écopsychologie assume sa volonté de faire vivre l'interdépendance entre le dedans et le dehors. Ainsi est née la nécessité de favoriser l'émergence de la paix en soi-même avec les autres ET la nature.

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